Aller au contenu
← Tous les articles

Nettoyage des parties communes : qui décide, qui paie, et ce que le contrat oublie presque toujours

Eya Mkacher · · Mis à jour le ·4 min

Nettoyage des parties communes : qui décide, qui paie, et ce que le contrat oublie presque toujours
Photo Tama66 / Pixabay

Un contrat d'entretien de parties communes se situe entre 9 et 22 € HT par lot et par mois en Île-de-France, selon la fréquence de passage et la présence d'un local poubelles. Le syndic signe, l'assemblée générale vote le budget, et la dépense se répercute sur les locataires au titre des charges récupérables. Le poste qui fait exploser les réclamations n'est ni le hall ni l'escalier : c'est la sortie des containers.

Trois personnes différentes interviennent sur ce sujet et se renvoient la responsabilité : le syndic, qui signe le contrat ; l'assemblée générale des copropriétaires, qui vote le budget ; et le locataire, qui paie sans avoir voté. Comprendre cette chaîne évite la moitié des conflits.

La chaîne de décision : syndic, assemblée générale, charges récupérables

Le syndic est le seul à pouvoir engager la copropriété. Il négocie et signe le contrat de nettoyage, mais dans la limite du budget prévisionnel voté en assemblée générale. Autrement dit : si vous voulez passer de deux à trois passages hebdomadaires, ce n'est pas un appel au syndic, c'est une résolution inscrite à l'ordre du jour de la prochaine assemblée.

Une fois la dépense engagée, elle se répartit en deux temps. D'abord entre copropriétaires, selon les tantièmes de charges générales. Ensuite, chaque bailleur récupère la part correspondante auprès de son locataire, parce que l'entretien des parties communes figure parmi les charges locatives récupérables fixées par décret. La distinction compte : le copropriétaire décide et avance, le locataire supporte le coût final.

Là où ça coince : un locataire mécontent de la propreté du hall n'a aucun interlocuteur légitime. Il s'adresse au bailleur ou à l'agence, qui n'a aucun pouvoir sur le contrat. Un gestionnaire qui veut faire remonter un problème doit passer par le conseil syndical, pas par un mail au prestataire.

Ce qu'un contrat sérieux couvre, poste par poste

Un contrat lisible détaille chaque zone avec sa fréquence. Le minimum acceptable dans un immeuble d'habitation de taille moyenne :

  • Hall d'entrée et sas : lavage des sols et vitrerie basse, deux à trois fois par semaine.
  • Escaliers et paliers : balayage humide une à deux fois par semaine, lavage des rampes et des plinthes une fois par mois.
  • Cabine d'ascenseur : sols et parois, à chaque passage. C'est la zone la plus regardée et la plus vite salie.
  • Local poubelles : lavage et désinfection hebdomadaire au minimum, avec nettoyage des containers.
  • Sortie et rentrée des containers : aux jours de collecte, ce qui n'est pas une prestation de nettoyage mais une prestation de manutention.
  • Parties extérieures : cour, local vélos, abords, souvent facturés en supplément.

Une fréquence sans périmètre ne vaut rien. « Nettoyage 3 fois par semaine » ne dit pas si l'agent monte au dernier étage à chaque passage ou une fois sur trois. Exigez un tableau zone par zone : les clauses qui décident vraiment de la qualité d'une prestation de nettoyage sont les mêmes en copropriété et en tertiaire.

Le local poubelles est sous-dimensionné dans presque tous les contrats

C'est notre position, et elle ne fait pas plaisir aux prestataires. Un contrat standard prévoit 15 à 20 minutes hebdomadaires pour un local poubelles. Sur un immeuble de 30 lots avec tri sélectif, c'est deux fois trop peu. Un local correctement traité demande un lavage au sol, un rinçage des containers, une désinfection des poignées et une reprise des déchets tombés à côté. Comptez 30 à 40 minutes.

Le mécanisme est toujours le même : le prestataire tient son prix en rognant sur la zone la moins visible du conseil syndical. Six mois plus tard, l'odeur monte dans la cage d'escalier, les copropriétaires réclament, et le syndic change de prestataire au lieu de changer le cahier des charges. Le suivant fera exactement pareil.

La sortie des containers pose un autre problème : elle impose un horaire fixe, la veille au soir ou tôt le matin, indépendant de la tournée de nettoyage. Un agent qui fait sept immeubles ne peut pas être partout à 6 h. Vérifiez que le contrat nomme un créneau, pas une journée.

Combien ça coûte par lot et par mois

ConfigurationFréquenceCoût mensuel HT par lot
Petit immeuble, 10 à 15 lots, sans ascenseur1 passage par semaine14 à 22 €
Immeuble moyen, 25 à 40 lots, ascenseur2 à 3 passages par semaine10 à 16 €
Grande copropriété, plus de 60 lots5 passages par semaine9 à 13 €
Sortie et rentrée des containers2 collectes par semaine2 à 4 € en supplément

Le coût par lot baisse avec la taille de l'immeuble : le temps de trajet et d'installation de l'agent se dilue. Un petit immeuble paie cher parce qu'un déplacement de 40 minutes pour 35 minutes de travail reste un déplacement de 40 minutes. C'est la même logique qui rend le recours à un prestataire discutable en dessous d'une certaine taille, et ce que les entreprises perdent en externalisant leur nettoyage vaut aussi pour une copropriété. Ces montants s'entendent hors taxes : la copropriété ne récupérant pas la TVA, ajoutez 20 %, pour les raisons décrites dans pourquoi un devis de nettoyage est presque toujours à 20 % de TVA.

Ce qu'il faut retenir

Un contrat de parties communes se juge sur deux lignes : le temps affecté au local poubelles et l'horaire de sortie des containers. Le reste est du remplissage contractuel que tous les prestataires écrivent de la même façon. Si ces deux lignes sont floues, le contrat produira des réclamations quel que soit le prix.

Pour un gestionnaire, le vrai coût n'est pas la ligne budgétaire mais le temps passé à traiter les plaintes. Faites inscrire un cahier des charges chiffré à l'ordre du jour de l'assemblée plutôt que de renégocier le prix tous les deux ans. Et si vous gérez aussi des sorties de locataires, sachez que la remise en état d'un appartement entre deux locations obéit à des règles totalement différentes : rien de ce qui précède ne s'y applique.

Questions fréquentes

Le nettoyage des parties communes est-il récupérable sur le locataire ?

Oui. L'entretien courant des parties communes figure parmi les charges locatives récupérables : le bailleur avance la dépense au titre des charges de copropriété, puis la répercute sur son locataire. Les travaux d'amélioration, eux, restent à la charge du propriétaire.

Qui choisit l'entreprise de nettoyage dans une copropriété ?

Le syndic sélectionne et signe le contrat, dans la limite du budget voté en assemblée générale. Le conseil syndical peut demander la mise en concurrence et donner un avis, mais il ne signe pas. Un copropriétaire seul ne peut ni imposer ni renvoyer un prestataire.

Quelle fréquence de nettoyage prévoir pour un immeuble de 30 lots ?

Deux à trois passages hebdomadaires sur le hall et l'ascenseur, un passage sur l'ensemble des étages, et un lavage hebdomadaire du local poubelles. En dessous, l'ascenseur et le local poubelles décrochent en quelques semaines.

La sortie des containers fait-elle partie du contrat de nettoyage ?

Pas automatiquement. C'est une prestation distincte, facturée en supplément, avec un horaire imposé par le calendrier de collecte. Si le contrat ne la nomme pas explicitement avec un créneau, elle ne sera pas faite ou le sera au mauvais moment.

Eya Mkacher Fondatrice de Fresh Start Nettoyage

Eya Mkacher dirige Fresh Start Nettoyage, entreprise d'entretien de locaux professionnels en Île-de-France qu'elle a créée en 2023. Elle intervient au quotidien sur des bureaux, des commerces, des restaurants et des remises en état après travaux, et écrit ici à partir de ce qu'elle constate sur le terrain.

À lire ensuite

Un devis pour vos locaux ?

Décrivez-nous votre surface et votre fréquence, on revient vers vous sous 24h.

Demander un devis